Cet artiste d'origine polonaise, élève de Klee et de Kandinsky apporte a l"Occident le mystérieu message des mers australes. Ce message lointain, nous l"accueillons avec reconnaissance, comme nous avons accueilli tous les dons que nous ont faits Picasso et Chagall, Soutine et Modigliani. Le mérite de la France est d'avoir opère le synthèse des génies nationaux et engendre cet art de la dernière Europe, dont Paris reste le point de mire.

 

Jechezkiel David Kirszenbaum (1900-1954) est un des derniers venus parmi les pèlerins qui ont accepte les disciplines françaises sans renier leur passe. Sollicite par des problèmes divers, mais suivant son étoile directrice, il fut un des pionniers de l'idéographie, telle que le conçoivent les peintres de notre époque. Imagier juif et slave, puissant aux sources de l'art synagogal et du folklore de l'Est Européen il a évolue sur un plan parallèle a celui des maîtres expressionnistes scandinaves, flamands et germanique. Il a contribue dans une très large mesure a l'avènement d'une peinture judaïque dont l'esprit est intimement lie a celui des conteurs et des poètes Yiddish.

 

Comme d'autres illustrateurs de l'Ancien Testament, il a subi la puissante attraction de la Légende Doree. Au lieu de s'opposer, la Synagogue et l'Eglise se confondent dans l'œuvre de ce voyant qui regarde l'Univers avec des yeux éblouis.

Kirszenbaum aurait pu exploiter cette veine et s'installer dans son hallucinante imagerie populaire. Ses scènes quasi-Goyesque ont un singulier pouvoir d'envoûtement. Dans ses imaginaires portraits d'Evangélistes, ou bien de Grands Rabbins, il rejoint, par delà Rouault, les fresquistes anonymes de Doura Europos.

Pendant de longues années, Kirszenbaum travaille dans le silence et dans la solitude. Il se heurte à l'incompréhension de ses contemporains. En 1948-1949 il part pour le Brésil.

Ce voyage semble jouer dans sa vie un rôle déterminant. Il trouve a Rio et a Sao Paulo cette hospitalité dont notre continent parait perdre le souvenir. Il y trouve un milieu et un climat propice a son épanouissement. Il y découvre sa voie véritable, non point en étudiant les types ethniques, les sites et la couleur locale, mais en mettant a jour le caractère magique d'un pays qui éveille en lui cent résonances et cent correspondances. Le contact de l'Amérique du Sud provoque chez ce civilise un choc psychologique. Il en gardera l'empreinte, même lorsqu'il oubliera les sujets brésiliens.

Le voila devant nous "tel qu'en lui-même enfin…". Son art a cette force primordiale qui est une reconquête et une prise de conscience d'un monde élémentaire.

 

Ayant absorbe l'apport de l'art moderne, Kirszenbaum abandonne les recherches théoriques. Il exorcise son mal héréditaire, le pessimisme et la mélancolie. Son oeuvrer devient un hymne. Sa joie de peindre traduit sa joie de vivre .Les hommes, les animaux et les fruits de la terre qu'il décrit ne sont pas des images. Ils incarnent les forces de la nature. Ils en ont la beauté fruste et brute. Les graffiti normands de Kirszenbaum témoignent d'une prodigieuse invention linéaire. Les motifs végétaux se dégagent d'un réseau de traits entremêles dont la trame a claire-voie evoque une toile d'araignée.

La suite abstraite de Kirszenbaum n'est ni le violon d'Ingres d'un artiste éclectique ni un exercice spirituel gratuit. C'est un complément normal de ses travaux ou une compensation, au sens ou l'entend Freud.

 

Dans ses gouaches d'un dessin chromatique savant et complique, d'une ligne châtiée et pure, d'une couleur flamboyante, d'une construction a perspective multiples, l'artiste se livre aussi intégralement que dans ses œuvres rédigées en chiffres clairs.

Quoi qu'il en fasse, Kirszenbaum peintre de Chevalet et peintre monumental, manifeste et affirme sa présence. Cette présence poétique est réelle contribue a l'éclat de l'Ecole de Paris.

 

                                                                                   Waldemar George

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